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Réduction du nombre de fonctionnaires, oublions la calculette!

22 décembre, 2016 | , , ,

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Osons redéfinir le périmètre de l’action publique. Sans humilier les fonctionnaires.

Nous considérons que l’action publique est une production et que les trois questions suivantes doivent être courageusement abordées avant de faire de la surenchère populiste sur la suppression de fonctionnaires. Qu’attendent les Français de l’action publique ? Quel est le juste besoin d’action publique ? Qui est le mieux placé pour la produire ?

Le caractère soi-disant exceptionnel du « modèle public français » ne nous dispense pas d’un débat sur ce qu’est, aujourd’hui le juste besoin d’action publique des citoyens et d’une catégorie particulière d’entre eux, les acteurs économiques. De même que nous ne pouvons plus partir seulement de ce qu’il serait souhaitable de faire, sans savoir ce que nous (citoyen et puissance publique) pouvons aujourd’hui nous payer. Une telle approche est refondatrice dans les relations entre la « puissance  publique » et le citoyen et permet de  rompre avec la logique du toujours plus d’action publique! Ceci est particulièrement vrai pour la « solidarité nationale » devenue bien trop étendue pour être réelle ! Cette priorisation devra partir du principe qu’à la base l’individu doit se prendre en charge et que le développement de la subsidiarité s’applique dès ce niveau. Ceci suppose la responsabilisation de chacun, du cercle familial, des associations, des acteurs économiques et des partenaires sociaux. Encore faut-il le dire !

 

Faisons de la réduction du nombre de fonctionnaires une démarche de progrès.

Affirmer une énième fois que « L’Etat ne peut pas tout ! » et même en y ajoutant, ce qui est déjà une avancée significative que « l’Etat ne doit pas tout », ne   règle rien. L’originalité est de refuser un débat qui ne relèverait que de nouveaux mécanos administratifs au service d’objectifs discutables et donc de poser des préalables forts.

Par ailleurs, toute nouvelle réflexion, toute nouvelle réforme territoriale ne pourra avoir lieu qu’avec l’affichage dominant d’un souci de réduction des coûts de structure et de fonctionnement de « l’entreprise France ». La compétitivité n’est pas seulement l’affaire du secteur marchand. Aborder cette question nécessite une posture résolument progressiste.

Dans un contexte budgétaire difficile pour l’Etat, limiter la réflexion à « ce que peut faire l’Etat » serait la plus mauvaise des approches. Sous le seul prétexte de devoir équilibrer son budget, l’Etat peut renoncer à certaines actions publiques, ou plus probablement les transférer, sans soucis d’économie globale. Nous devons faire barrage à de nouveaux transferts  sous ce seul prétexte !!!

 

N’ayons pas d’a priori sur la façon de rendre service aux Français.

Il faut cesser d’affirmer que « l’Etat est la forme la plus avérée de l’exercice de la République dans une démocratie, le moyen des actions collectives et le gardien de l’intérêt général »…D’une part parce que ce n’est plus totalement exact et d’autre part, parce que c’est précisément à force de dire cela que les citoyens gardent à tord le reflexe d’un recours systématique à l’Etat et que les autres acteurs publics, s’estimant déresponsabilisés, se déchargent sur lui.

A moins d’aboyer avec  tous les dogmatiques, démagogiques et bardés de préjugés humiliants pour les fonctionnaires, nous ne pourrons pas faire l’économie d’une réflexion itérative entre la définition du nouveau périmètre de l’Etat, ce que doivent être les nouvelles strates territoriales en France et le calibrage des fonctions publiques. Pas plus que nous ne devons avoir d’a priori sur les outils publics ou privés de mise en œuvre de l’action publique, ni sur la possibilité d’élargir le champ des structures de cogestion entre  l’Etat, les collectivités locales, les associations et les partenaires sociaux !



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